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Google et son Formulaire de droit à l’oubli

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Depuis le 29 mai et suite à une décision de la cour européenne de justice, Google se voit obligé de permettre à ceux qui le désirent de demander la suppression de leurs données de ce moteur de recherche.

En Effet, le géant d’internet a subi beaucoup de critiques concernant son optimisation fiscale en Irlande ainsi que sur sa politique de non respect de la vie privée, ce qui explique les dernières condamnations qu’il a subi en Espagne ou encore plus récemment en France par le billet du CNIL. Une condamnation de 150.000 euros pour les multiples changements de sa politique de confidentialité.

On ne va même pas s’attarder sur l’affaire Snowden puisque tout le monde sait depuis longtemps que des géants comme Google, Facebook, Microsoft ou Apple espionnent systématiquement et illégalement leurs utilisateurs.

Aujourd’hui c’est une décision européenne qui vient en apparence consolider la protection de la vie privée.

Qu’en est-il alors de formulaire de droit à l’oubli ?

Est-ce vraiment un progrès en terme de respect de la vie privée ?

Comment fonctionne ce formulaire de droit à l’oubli ?

Il suffit d’aller sur la page de demande de suppression de résultat de recherche, de remplir tous les champs, d’indiquer les URLs concernées et de préciser le motif de suppression de chacune de ces liens.

Enfin il faut joindre une copie de sa pièce d’identité.

Google a indiqué que ces demandes seront examinés une par une et qu’aucun délai d’exécution n’est mentionné, autant dire on est dans le flou intégral. 

Quelles sont les données dont on pourrait demander la suppression ?

D’après Google, ceci concerne les résultats que des personnes considèrent comme inadéquats, peu pertinents ou excessifs à leurs encontre.

Inutile de dire que cela pourrait intégrer tout et n’importe quoi.

Un dirigeant politique pourrais demander la suppression des informations concernant sont implication dans des affaires de corruptions tant que ces affaires dates de plusieurs années et ne sont plus pertinents part rapport son nouveau poste à responsabilité …

N’importe qui pourra tricher sur son parcours en camouflant des donnés peu glorieuses.

On est encore dans le début de cette affaire, mais on pourrait bien imaginer des dérives contre le droit d’accès à l’information.

Je comprends bien que des personnes soufrant de calomnies, de diffamations ou de rumeurs à leurs égards voudront bien supprimer cela d’internet, mais ce n’est sans doute pas à Google de statuer sur ces cas et de remplacer la justice.

Les limites de ce formulaire droit à l’oubli:

Pour commencer, la mesure ne concerne que les états membres de l’union européenne (avec la Suisse, le Lichtenstein..), ainsi les données qui seraient retirées de Google dans les résultats de recherches resteront visibles pour les autres pays du monde.

Il suffit utiliser un proxy pour accéder facilement à ces données.

De même ces informations resteront disponibles à tous dans les autres moteurs de recherches.

Autant dire que ce système n’est juste qu’une leurre, les données restent accessibles à ceux qui vont faire l’effort de les rechercher, les Européens auront une version censurée d’internet, enfin Google aura dans ces mains le pouvoir de décider de l’exactitude des informations personnelles de chacun, et s’il faut activer ou non une censure à ce sujet.

Pour moi c’est très clair, on a fait encore un pas dans la mauvaise direction.

Plus de pouvoir dans les mains des multinationales comme Google, et autant d’éloignement de ce qui a fondé la réputation d’internet : la neutralité.

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